Les étapes du deuil : comment mieux les traverser ?
- Psycho Pratique
- décembre 16, 2025
- Patricia LACOMA
Perdre un être cher, une relation, un projet de vie ou même une version de soi peut être profondément bouleversant.
Le deuil ne concerne pas uniquement la mort.
Il peut aussi apparaître après :
- une séparation ou une rupture
- la fin d’une relation toxique
- la perte d’un projet ou d’un rêve
- un changement de vie subi
- la perte d’une identité ou d’un rôle
Lorsque ces pertes surviennent, beaucoup de femmes se sentent perdues, submergées ou incomprises.
Elles se demandent :
- si ce qu’elles ressentent est normal
- si elles devraient déjà aller mieux
- ou si cette douleur finira un jour par s’apaiser
Comprendre les étapes du deuil permet de mettre du sens sur ce que tu traverses.
Et surtout de te rappeler une chose essentielle :
👉 Tu n’es pas cassée. Tu es en train de vivre un processus profondément humain.
Le deuil : un chemin, pas une ligne droite
Le deuil n’est pas un processus linéaire.
Il ne suit pas un calendrier précis et ne se vit pas de la même manière pour toutes les personnes.
Les étapes du deuil, souvent associées au modèle de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, ne sont pas des cases à cocher.
Ce sont des états émotionnels que l’on peut traverser :
- dans le désordre
- plusieurs fois
- ou parfois en même temps.
Chaque femme vit son deuil avec son histoire, sa sensibilité et ses ressources.
1. Le choc et le déni : “Ce n’est pas possible”
La première étape est souvent celle du choc.
Une forme d’engourdissement émotionnel qui agit comme une protection.
Tu sais ce qui s’est passé, mais ton esprit ne peut pas encore intégrer pleinement la réalité.
Le déni n’est pas un refus de voir la réalité.
C’est un mécanisme naturel qui permet au psychisme d’éviter un effondrement trop brutal.
À ce stade, il est fréquent de :
- fonctionner en automatique
- se sentir détachée de ses émotions
- minimiser ce qui s’est passé.
2. La colère : “Pourquoi moi ?”
Lorsque la réalité commence à s’imposer, la colère peut apparaître.
Elle peut se diriger :
- contre la vie
- contre l’autre
- contre la situation
- ou parfois contre soi-même.
Beaucoup de femmes ont appris à réprimer cette émotion.
Pourtant, la colère est une réaction saine.
Elle exprime souvent la douleur, l’injustice et la perte de contrôle.
L’accueillir permet d’éviter qu’elle ne se transforme en tristesse profonde ou en tensions corporelles.
3. Le marchandage : “Si seulement…”
À cette étape, l’esprit cherche à refaire l’histoire.
Des pensées apparaissent comme :
- « Si j’avais fait autrement… »
- « Si j’avais vu les signes… »
- « Si j’avais agi plus tôt… »
C’est une tentative inconsciente de reprendre le contrôle sur ce qui ne peut plus être changé.
Cette phase peut être accompagnée de ruminations et d’une forte culpabilité.
4. La tristesse : accueillir la perte
La tristesse est souvent l’étape la plus redoutée.
Et pourtant, elle joue un rôle essentiel dans le processus de deuil.
Elle permet :
- de reconnaître la perte
- d’exprimer la douleur
- d’honorer ce qui a compté.
Les larmes ne sont pas une faiblesse.
Elles participent à un véritable processus de libération émotionnelle.
À ce moment du processus, beaucoup de femmes peuvent ressentir une grande solitude.
C’est aussi une étape où le soutien et l’accompagnement peuvent être précieux.
5. L’acceptation : intégrer sans oublier
L’acceptation ne signifie pas oublier ou ne plus ressentir.
Elle signifie que la perte trouve progressivement sa place dans ton histoire de vie.
La douleur devient moins envahissante.
Tu recommences à respirer, à ressentir de la présence, parfois même de la douceur.
Accepter ne signifie pas trahir ce qui a été perdu.
C’est souvent un acte d’amour envers soi-même.
Le deuil après une relation toxique
Après une relation toxique, le deuil peut être particulièrement complexe.
Car il ne concerne pas seulement la relation.
Il peut aussi s’agir :
- du deuil de l’espoir que l’autre change
- du deuil du futur imaginé
- du deuil de certaines illusions
- du deuil d’une version de soi.
Traverser ces pertes fait souvent partie du processus de reconstruction.
Pourquoi se faire accompagner dans un deuil ?
Le deuil est une traversée intérieure profonde.
Mais le vivre seule peut rendre le chemin plus long et plus difficile.
Un accompagnement permet de :
- déposer ce qui pèse
- mettre des mots sur ce qui est vécu
- accueillir les émotions sans jugement
- retrouver de la clarté et un nouveau sens.
Être accompagnée ne signifie pas être faible.
C’est prendre soin de soi dans un moment où tout vacille.
Pour conclure
Le deuil n’est pas une maladie à guérir.
C’est un processus à traverser.
Chaque étape a son sens et son rythme.
Et surtout, tu n’as pas à faire ce chemin seule.