« Je suis comme ça » : personnalité ou comportement appris ?
- Accompagnement Coaching
- septembre 25, 2026
- Patricia LACOMA
« Je suis comme ça. »
Nous avons probablement toutes prononcé cette phrase un jour.
Je suis perfectionniste.
Je suis trop sensible.
Je suis méfiante.
Je suis impulsive.
Je suis rigide.
Je n’arrive pas à dire non.
Je suis comme ça depuis toujours.
Ces phrases peuvent sembler anodines. Pourtant, elles peuvent parfois nous enfermer dans une représentation figée de nous-mêmes.
Car entre un trait de personnalité, un comportement appris, une croyance ou un mécanisme de défense, les différences sont importantes.
Comprendre ces différences permet de mieux se connaître… mais surtout de comprendre ce qui peut évoluer.
Et c’est là que le travail sur soi prend tout son sens.
Une étiquette peut aider à comprendre… mais aussi enfermer
Les tests de personnalité et les modèles comportementaux sont aujourd’hui très présents, notamment dans le monde professionnel.
Les profils par couleurs, le DISC, les typologies de personnalité ou d’autres outils peuvent être intéressants pour mieux comprendre notre manière de communiquer, de décider ou d’entrer en relation avec les autres.
Ils peuvent nous permettre de mettre des mots sur certaines tendances.
Le problème n’est donc pas nécessairement l’étiquette.
Le problème apparaît lorsque nous finissons par nous confondre avec elle.
Il y a une grande différence entre :
« J’ai tendance à vouloir tout contrôler. »
et :
« Je suis une personne contrôlante. »
Dans la première phrase, il existe une possibilité d’évolution.
Dans la seconde, le comportement devient une identité.
Or nous sommes beaucoup plus complexes que cela.
Personnalité, comportement, croyance : de quoi parle-t-on exactement ?
Pour comprendre ce qui peut évoluer, il est utile de distinguer plusieurs notions.
Le profil de personnalité
Un profil de personnalité cherche à décrire certaines tendances générales dans notre manière de fonctionner.
Par exemple, une personne peut être plutôt :
- organisée ;
- spontanée ;
- prudente ;
- sociable ;
- analytique ;
- orientée vers l’action ;
- à la recherche de stabilité.
Les modèles de personnalité peuvent être utiles pour mieux comprendre nos préférences et nos comportements.
Mais un profil n’est pas une définition complète de notre personne.
Nous ne sommes pas une couleur, un chiffre ou une catégorie.
Et surtout, notre manière de fonctionner peut évoluer selon les périodes de notre vie, les situations et les expériences que nous traversons.
Les traits de personnalité
Les traits de personnalité correspondent davantage à des tendances relativement stables de notre fonctionnement.
Par exemple :
- l’extraversion ;
- la conscienciosité ;
- l’ouverture ;
- l’agréabilité ;
- la stabilité émotionnelle.
Ils peuvent être relativement durables dans le temps.
Mais « relativement stable » ne signifie pas « immuable ».
Notre personnalité n’est pas une statue.
Nos expériences, nos relations, notre environnement et notre travail sur nous-mêmes peuvent modifier progressivement la manière dont certains traits s’expriment.
Les comportements appris
Un comportement appris est une manière d’agir que nous avons développée au fil de notre histoire.
Nous avons pu apprendre à :
- nous taire pour éviter un conflit ;
- dire oui pour être appréciée ;
- tout vérifier pour éviter les erreurs ;
- anticiper les réactions des autres ;
- prendre les choses en charge pour ne dépendre de personne ;
- contrôler notre environnement pour nous sentir en sécurité ;
- nous mettre en retrait pour ne pas attirer l’attention.
À force d’être répété, un comportement peut devenir automatique.
Et lorsqu’il est devenu automatique, nous pouvons finir par croire qu’il fait partie de notre personnalité.
Alors qu’il s’agit parfois simplement d’une manière de fonctionner que nous avons apprise.
Les croyances
Une croyance est une représentation que nous avons construite et que nous considérons comme vraie.
Elle peut concerner :
Nous-mêmes
« Je ne suis pas capable. »
« Je dois être parfaite pour être appréciée. »
« Je ne peux compter que sur moi. »
Les autres
« On finit toujours par me décevoir. »
« Si je dis non, les autres vont m’abandonner. »
Le monde
« Il faut toujours se méfier. »
« La vie est dangereuse. »
« Il faut tout prévoir pour éviter les problèmes. »
Une croyance peut avoir une influence considérable sur notre comportement.
Si je crois que je dois tout contrôler pour éviter qu’une situation tourne mal, je vais naturellement chercher à contrôler davantage.
Puis ce comportement répété peut donner l’impression que :
« Je suis quelqu’un de très contrôlant. »
Alors qu’il existe derrière ce comportement une croyance qui peut, elle aussi, être questionnée.
Les mécanismes de défense
Les mécanismes de défense sont encore autre chose.
Ce sont des stratégies psychiques qui peuvent nous permettre de faire face à des émotions, des situations ou des réalités difficiles.
Ils peuvent prendre différentes formes : éviter, nier, minimiser, rationaliser, contrôler, projeter, intellectualiser…
Ils ne sont pas nécessairement « mauvais ».
Au contraire.
À un moment donné de notre vie, certains peuvent avoir été utiles pour nous protéger ou nous permettre de continuer à avancer.
Le problème peut apparaître lorsque nous continuons à utiliser automatiquement une stratégie qui n’est plus adaptée à la situation actuelle.
C’est là que le travail sur soi peut permettre de retrouver davantage de choix.
Alors, qu'est-ce qui peut vraiment changer ?
La réponse n’est pas aussi simple que :
« Tout peut changer si on le veut. »
Ce serait trop simpliste.
Nous avons tous une histoire, une personnalité, des prédispositions, des habitudes et des expériences qui nous ont construits.
Mais nous pouvons souvent faire évoluer la manière dont nous fonctionnons.
Nous pouvons apprendre à :
- identifier nos automatismes ;
- remettre en question certaines croyances ;
- mieux comprendre nos réactions ;
- reconnaître nos besoins ;
- réguler davantage nos émotions ;
- communiquer autrement ;
- poser des limites ;
- tolérer davantage l’inconfort ;
- expérimenter de nouveaux comportements.
Et surtout, nous pouvons progressivement passer de la réaction automatique au choix.
Mon propre exemple : j'étais très psycho-rigide
Je peux prendre ici un exemple personnel.
J’ai longtemps été très psycho-rigide.
Pas simplement quelqu’un qui aime l’organisation ou qui préfère que les choses soient bien faites.
J’étais vraiment très attachée à ma manière de faire, à mes repères, à ce que les choses soient faites « comme il faut ».
À l’époque, j’aurais probablement pu dire :
« Je suis comme ça. »
Et c’est justement là que se trouve le piège.
Parce qu’au fil de mon travail personnel, j’ai commencé à comprendre ce fonctionnement.
- J’ai appris à observer ce qui se passait lorsque quelque chose ne se déroulait pas comme prévu.
- J’ai commencé à accepter que ma manière de faire ne soit pas nécessairement la seule possible.
- J’ai appris à lâcher davantage.
- À tolérer l’imprévu.
- À accepter que les autres puissent faire autrement.
Et surtout, j’ai découvert quelque chose d’important :
je pouvais changer.
Aujourd’hui, je ne me considère plus comme psycho-rigide.
Et ce n’est pas parce que je me suis forcée à devenir quelqu’un d’autre.
J’ai simplement travaillé sur ce qui se trouvait derrière ce fonctionnement.
C’est une différence essentielle.
Je n'ai pas changé de personnalité. J'ai élargi mes possibilités.
C’est probablement la manière dont je décrirais aujourd’hui cette évolution.
Je n’ai pas effacé une partie de moi.
J’ai développé de nouvelles façons de réagir.
Avant, certaines situations déclenchaient presque automatiquement une réaction.
Aujourd’hui, il existe davantage d’espace entre :
ce qui se passe
et
ma réaction.
Et cet espace est précieux.
Parce qu’il permet de se demander :
« Est-ce que j’ai vraiment besoin de réagir comme ça ? »
« Est-ce que cette manière de faire m’est encore utile ? »
« Est-ce que je peux essayer autrement ? »
C’est souvent là que commence le véritable changement.
De « je suis comme ça » à « je fonctionne comme ça »
Cette petite modification de vocabulaire peut sembler insignifiante.
Elle ne l’est pas.
Compare :
Je suis anxieuse.
avec :
J’ai tendance à anticiper et à m’inquiéter lorsque je ne maîtrise pas une situation.
Compare :
Je suis incapable de dire non.
avec :
J’ai appris à accepter beaucoup de choses pour éviter de décevoir les autres.
Compare :
Je suis contrôlante.
avec :
Le contrôle est devenu une manière pour moi de me rassurer.
Dans les trois cas, la seconde formulation ouvre une porte.
Elle permet d’observer.
Et ce que nous pouvons observer peut progressivement devenir quelque chose sur lequel nous pouvons travailler.
Le travail sur soi ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre
C’est une idée qui me paraît essentielle.
Le développement personnel peut parfois donner l’impression qu’il faudrait constamment devenir une « meilleure version de soi ».
- Plus confiante.
- Plus sereine.
- Plus positive.
- Plus détachée.
- Plus performante.
Mais se reconstruire ne signifie pas devenir une autre personne.
Il s’agit plutôt de mieux se comprendre et de retrouver davantage de liberté dans sa manière de fonctionner.
Nous pouvons conserver certaines caractéristiques de notre personnalité tout en développant de nouvelles ressources.
Une personne naturellement prudente peut apprendre à prendre davantage de risques.
Une personne très organisée peut apprendre à lâcher prise.
Une personne qui a toujours cherché l’approbation peut apprendre à exprimer son désaccord.
Une personne qui s’est toujours effacée peut apprendre à prendre sa place.
Une personne qui a beaucoup contrôlé peut apprendre à faire confiance.
Et si la vraie question n'était pas « Qui suis-je ? »
Lorsque nous cherchons à mieux nous connaître, nous nous demandons souvent :
« Qui suis-je vraiment ? »
C’est une question intéressante.
Mais peut-être qu’une autre question est encore plus utile :
« Comment est-ce que je fonctionne aujourd’hui, et est-ce que ce fonctionnement me convient encore ? »
Parce que cette question laisse une place à l’évolution.
Elle permet de regarder nos comportements sans les juger.
De comprendre nos mécanismes sans les condamner.
Et surtout, de nous demander ce que nous pouvons expérimenter autrement.
Comprendre pour retrouver du choix
C’est finalement ce qui m’intéresse le plus dans le travail sur soi.
Il ne s’agit pas de supprimer toutes nos réactions, toutes nos émotions ou tous nos mécanismes.
Il s’agit de mieux les comprendre.
Parce que plus nous comprenons ce qui se passe en nous, plus nous pouvons créer un espace entre l’automatisme et l’action.
Et dans cet espace peut apparaître quelque chose de précieux :
le choix.
Nous avons parfois passé des années à penser :
« Je suis comme ça. »
Avant de découvrir que nous pouvions dire :
« J’ai fonctionné comme ça. »
Et cette nuance peut ouvrir un véritable chemin de transformation.
Une question à te poser
Aujourd’hui, y a-t-il une caractéristique de toi que tu considères comme immuable ?
Quelque chose que tu répètes souvent :
« C’est mon caractère. »
« Je suis comme ça. »
« Je ne changerai jamais. »
Et si, au lieu de chercher immédiatement à changer, tu commençais simplement par l’observer ?
Depuis quand fonctionnes-tu ainsi ?
Dans quelles situations cela apparaît-il ?
Qu’est-ce que ce fonctionnement cherche peut-être à éviter, à obtenir ou à protéger ?
Et surtout : est-ce qu’il t’est encore utile aujourd’hui ?
Parfois, le changement commence simplement par une nouvelle façon de regarder ce que nous pensions être « nous ».
🌱 Mon accompagnement via Éveil & Résonance
Je considère que mieux se connaître ne consiste pas à se coller une nouvelle étiquette.
C’est apprendre à observer son fonctionnement, comprendre ses mécanismes et expérimenter progressivement d’autres façons de vivre les situations du quotidien.
Parce que comprendre qui nous sommes est une étape. Découvrir que nous pouvons évoluer en est une autre.