Qui est légitime pour accompagner en thérapie ?
- Psycho Pratique
- février 22, 2026
- Patricia LACOMA
Sur les réseaux sociaux, un débat revient régulièrement :
Qui est réellement légitime pour accompagner une personne en souffrance ?
Les psychologues diplômés ?
Les médecins spécialisés ?
Les psychopraticiens ?
Les coachs ?
Les praticiens en approche holistique ?
Le ton devient souvent clivant. Parfois méprisant.
Comme si l’accompagnement humain devait appartenir à un seul camp.
Et si la réalité était plus nuancée que cela ?
La guerre des légitimités : un faux débat ?
Je comprends la nécessité de protéger les personnes vulnérables.
Je comprends l’importance d’un cadre, d’une formation sérieuse, d’une éthique.
Mais réduire la légitimité à un diplôme uniquement me semble réducteur.
L’accompagnement n’est pas une compétition de titres.
C’est une rencontre humaine.
On n’accompagne pas seulement une pathologie.
On accompagne une histoire, une sensibilité, des blessures, un parcours de vie.
Et dans cette rencontre, la qualité de présence compte autant que la formation.
Mon propre parcours de guérison : un chemin pluriel
Si je prends la parole sur ce sujet, c’est parce que je l’ai vécu.
À 38 ans, je traverse une dépression majeure.
Je consulte une première psychologue. L’expérience est brutale. Je ressors plus déstabilisée qu’en entrant.
Je consulte une seconde professionnelle pratiquant la TCC.
Cette fois, je me sens sécurisée, entendue. Elle m’aide à ouvrir une porte. Elle me redonne confiance. Elle me transmet des outils.
Mais le chemin ne s’arrête pas là.
Je découvre le travail entre autres coachs de Tony Robbins, qui m’aide à renforcer ma confiance et à transformer mes croyances limitantes.
Je lis beaucoup de livre dont Les 4 Accords toltèques de Don Miguel Ruiz, Les 7 lois spirituelles du succès de Deepak Chopra, les ouvrages de Frédéric Lenoir et de Arnaud Desjardins, le Dalaï Lama.
Ces lectures nourrissent ma spiritualité et ma quête de sens.
Pourtant, certains blocages persistent.
C’est la lecture de Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau qui provoque un véritable déclic.
Je mets enfin des mots précis sur mes blessures d’enfance lié à ma mère : rejet, injustice.
Mes schémas relationnels prennent sens.
Puis les ouvrages de Moussa Nabati sur l’enfant intérieur viennent éclairer une zone encore plus profonde, notamment ma relation au père et son impact inconscient sur ma vie d’adulte.
Ce travail est confrontant, douloureux.
Mais profondément libérateur.
En parallèle, je découvre les travaux de Gabor Maté sur les traumas,
j’explore l’intelligence émotionnelle avec Daniel Goleman,
l’analyse transactionnelle d’Eric Berne.
Je me forme au coaching de vie (parcours certifiant IPHM).
Puis je deviens psychopraticienne (parcours certifiant IPHM).
Et un jour, je consulte une énergéticienne.
Une expérience apaisante, complémentaire, qui m’aide à me réaligner émotionnellement.
Mon chemin n’a jamais été linéaire.
Il a été humain.
C’est l’ensemble de ces rencontres qui m’a permis d’avancer.
La légitimité ne se décrète pas, elle se démontre
Un diplôme garantit un cadre théorique.
Il ne garantit ni l’empathie, ni la maturité émotionnelle, ni la qualité d’écoute.
Inversement, l’absence de diplôme médical ne signifie pas absence de sérieux.
Il existe de très bons psychologues.
De très bons médecins.
De très bons coachs.
De très bons psychopraticiens.
Et malheureusement, des professionnels inadaptés dans chaque catégorie.
La vraie question n’est pas : “Qui a le droit d’accompagner ?”
Mais plutôt :
- Cette personne est-elle formée sérieusement ?
- A-t-elle effectué un travail personnel approfondi ?
- Est-elle supervisée ?
- Respecte-t-elle un cadre éthique clair ?
- Est-elle capable d’orienter vers un autre professionnel si nécessaire ?
La légitimité ne se décrète pas par un titre.
Elle se démontre par la qualité de présence, la responsabilité et l’intégrité.
Vers une vision complémentaire de l’accompagnement
La souffrance humaine est complexe.
Elle mêle psychisme, émotions, corps, histoire, spiritualité, conditionnements.
Certaines personnes auront besoin d’un cadre médical strict.
D’autres d’un espace de parole soutenant.
D’autres encore d’une approche intégrative.
Opposer systématiquement les disciplines ne protège pas.
La complémentarité, elle, ouvre des possibilités.
L’accompagnement est avant tout une rencontre entre deux êtres humains, dans un cadre sécurisé et respectueux.
Et c’est peut-être là que réside la véritable légitimité.